Nouvelliste du 08.07.19 - #RILMA - La place des femmes, elle est là-haut aussi

Articles interceptés dans les médias
Répondre
arollablabla
Agitateur
Agitateur
Messages : 3204
Inscription : 04 juin 2007, 16:37
Facebook : arollablabla
Localisation : Rond-Point Arolla
Contact :

Nouvelliste du 08.07.19 - #RILMA - La place des femmes, elle est là-haut aussi

Message non lu par arollablabla » 09 juil. 2019, 08:31

AROLLA - Catherine Destivelle, Claude Bernhard et Sylvie Domenjoud, toutes trois liées aux sommets par différents chemins, ont échangé samedi sur la place des femmes dans le monde de la montagne.

"Qui connait le nom de la première femme au sommet du Cervin?" Oups. Malaise.
À l'Hôtel Kurhaus d'Arolla, le public de la Rencontre internationale du livre de montagne reste silencieux après la question du modérateur. Si ce dernier pique, c'est pour la bonne cause. Pour lancer le débat autour du lien entre les femmes et la montagne. Parce que le passif du monde des hauteurs s'est historiquement écrit au masculin. Les alpinistes féminines étaient interdites du Club Alpin Suisse jusqu'en 1980, alors qu'en France, leur rôle était de pourvoir à l'accomplissement des exploits des hommes. Aujourd'hui, elles ne sont encore que 2 à 3% de femmes guides à exercer dans notre pays.
Bref, le constat n'est pas rose. Mais, si l'univers des crampons n'est toujours ni égalitaire ni paritaire, la table ronde à laquelle on a assisté ce samedi est bien plus lumineuse qu'on aurait pu l'imaginer.

Une aide plutôt qu'un poids

Pour échanger face à l'assistance, il y a Catherine Destivelle, star de l'alpinisme et ex-championne du monde d'escalade, aujourd'hui éditrice. Il y a aussi Claude Bernhard, géochimiste et spéléologue évolénarde qui combine son amour des sous-sols avec la photographie et l'écriture. Enfin, il y a Sylvie Domenjoud, ancienne chirurgienne-dentiste devenue psychothérapeute et autrice, adorant illustrer et conter la nature aux adultes et aux enfants. Toutes sont liées à la montagne. mais comment vivent-elles ce lien à cet univers toujours très masculin? "Cela ne m'a jamais gênée d'être une femme. Mieux: professionnellement, cela m'a même aidée. Puisque, à performances égales, j'ai eu le droit à l'attention des médias durant ma carrière", livre Catherine Destivelle. Depuis l'adolescence, la Française n'a traîné "qu'avec des mecs", en a dépassé une kyrielle et témoigne d'un accueil très respectueurx. "Le regard des pairs dans le milieu était le plus important, peu importe leur genre."

Mieux sans compétition

Même refrain pour Claude Bernhard et Sylvie Domenjoud. "Si j'écris et édite, c'est que je n'aime par la compétition", déclare la seconde. En l'évitant, les deux femmes ont, du coup, échappé à la pression de la comparaison des genres. "En spéléologie, j'ai plutôt cherché la camaraderie avec mes collègues masculins. J'en profite même pour les mettre en scène comme "mannequins" dans mes photographies. Je ne supporte pas les inégalités, mais je ne cherche pas à ere plus ou moins forte qu'un autre. Nous avons tous quelque chose à nous apporter", confie Claude Bernhard.

Faire ce qu'elles aiment

Si l'inégalité, elles l'ont parfois ressentie, elles semblent surtout s'en moquer. Parce que pour ces trois femmes, ce qui compte au fond, c'est la passion. C'est d'avoir l'altitude, les grottes ou les livres pour terrain de jeu et d'épanouissement. "J'ai toujours fait les choses pour être droite dans mes bottes", déclare Catherine Destivelle. Claude Bernhard illustre, elle, sans artifice: "Je souhaite simplement aller dans des endroits où personne n'a fichu les pieds. J'ai mon objectif, plutôt contemplatif, et je suis comme la taupe qui continue de creuser son trou sans regarder ni à gauche ni à droite." Sylvie Domenjoud écrit et illustre comme cela vient, sans chercher à dénoncer.

Alors, plutôt féministes ou pas nos "montagnardes"? "Je ne me positionne pas", lâche Catherine Destivelle. "Heureusement que des femmes étaient là avant nous pour se battre. Il y a encore des avancées à faire, et ça va venir." Claude Bernhard tranche: "Je suis plus humaniste que féministe. Les droits égaux doivent être réalisés. Mais chacun est différent, et c'est ce qui est enrichissant."

Agathe Seppey

Image

"J'ai toujours fait les choses pour être droite dans mes bottes"
Catherine Destivelle, star de l'alpinisme et ex-championne du monde d'escalade, aujourd'hui éditrice.



Répondre