Nouvelliste 16.07.22 - Casal s'expose le long d'un sentier

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arollablabla
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  Nouvelliste 16.07.22 - Casal s'expose le long d'un sentier

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Il dessine l'actualité valaisanne depuis près de quarante ans et prendra sa retraite dans un mois. Tout l'été, Casal, le caricaturiste du Nouvelliste, expose ses dessins dans les bois. Rencontre en plein air.

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Trente-neuf ans de caricature et plus de 10'000 dessins de presse. Dans le lot, la politique cantonale, l'économie locale et d'autres "valaisâneries". Le Covid, bien sûr, et pas pour son plus grand plaisir, mais surtout le loup, son personnage fétiche devenu emblématique.
Dans un mois, Casal, notre dessinateur, rangera ses crayaons parfois taillés au vitriol, dans un des bureaux de la rédaction. Après presque quarante ans à poser son regard acéré sur l'actualité valaisanne, il prend sa retraite qu'il passera à Malaga, où il vit déjà depuis plus de huit ans. Vendredi 15 juillet, il a dû troquer son habit de plage contre des chaussures de ontagne achetées à l'occasion du vernissage de l'exposition "Résonnance", qui le met à l'honneur. "Je n'aime pas parler, ni marcher", lance Casal, au départ du sentier. Fort heureusement pour nous, cela ne s'est pas révélé tout à fait vrai. Après quelques centaines de mètres, nous nous sommes retrouvés en tête de file. Et entre deux dessins exposés, il a raconté.

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Barrigue en Conseiller

Ce n'est pas tout de suite le dessin de presse qui l'a attiré. "Au début, je dessinais sur des tickets de bar pour me faire quelques sous", relate ce fils d'immigrés espagnols qui ont fui le franquisme au Maroc. C'est d'ailleurs là qu'il est né. Les portes de l'actualité se sont ouvertes à lui grâce à André Luisier, ancien rédacteur en chef du Nouvelliste. Complètement novice, Casal a pu compter sur les conseils de Barrigue, dont il admirait le style. "Il m'a dit de ne pas essayer de faire de l'humour avant de me faire un nom." En effet dessiner, ça s'entraîne. Et dessiner l'actualité nécessite d'avoir l'oeil et l'esprit affûtés. Car derrière l'humour ne se cache pas simplement la promesse de bonnes tranches de rire. "Le dessin de presse apporte un regard critique, il joue un rôle d'édito et ne doit idéalement pas illustrer un article", explique Casal.

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Vers l'autocensure

"Idéalement...". Après quarante ans, Casal peut dire que son métier a changé. En 2019, le "New York Times" a cessé la publication de caricatures. Mais pas besoin de traverser l'océan pour le Valaisan "Quand j'ai commencé, il y avait des grandes gueules dans la politique valaisanne. Aujourd'hui, chacun reste gentiment à sa place", observe-til. Selon lui, les politiciens d'aujourd'hui sont devenus très susceptibles. "C'est en fait le cas de tout le monde, et d'autant plus depuis le Covid. Résultat? Je fais de l'autocensure", avoue-t-il.
On ne peut donc plus rire de tout? La réponse est clairement non, pour le dessinateur, qui ressent aussi cette réserve au sein des journalistes. Malgré sa précieuse et étroite collaboration avec ces derniers, il note qu'ils auront "manqué parfois d'humour ou d'amour".
"Mes dessins sont parfois incompris, et les retours assez froids. Ce n'est pas toujours facile lorsque l'on a passé du temps dessus", confie-t-il.

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Le loup, son compère

Au fil de la marche, Casal s'est surpris plusieurs fois à admirer la vue. "Je suis tellement attaché à ce canton", souffle-t-il.
S'il a analysé le Valais sous tous les angles, un sujet l'a particulièrement touché. Sur le sentier menant au lac d'Arbey, on aurait eu beau guetter, peu de chances de le croiser. Le loup occupe cependant une place de choix sur l'itinéraire, comme dans le coeur, du dessinateur. "Je suis très attaché à lui", souligne Casal. Parce qu'il représente une cause qui lui est chère, d'abord. "Je le dessine toujours avec un pansement, car, parce qu'il est traqué, je considère que le loup est toujours blessé", lâche-t-il. Et parce qu'il l'a sauvé de plusieurs galères artistiques, ensuite. "Dans mes dessins, il représente le Valaisan", ajoute-t-il.

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Peinture à l'eau salée

En fin de carrière, Casal pourrait verser une petite larmichette. Or, il semble plutôt apaisé et se réjouit d'adopter une nouveau rythme. "Je vais essayer de me remettre à la peinture. Avoir plus de temps me permettra peut-être de retrouver l'inspiration pour ça", espère-t-il. Arrivera-t-il à ne plus suivre assidûment l'actualité valaisanne? Ça reste à voir. Quant à son compère le loup, il en profitera peut-être pour se la couler douce en Espagne...

Sabrina Roh

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La belle équipe (ceux qui auront su et pu dégotter l'information impossible à trouver pour pouvoir participer au vernissage de l'exposition)
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